Archives La Montagne

Samedi 22 juillet 2006

L'homme qui aime faire chanter la poudre

 

Lorsque tout le monde a le nez en l’air, le regard perdu dans le ciel à chercher la belle bleue, lui a les yeux rivés sur sa console et chorégraphie le ballet aérien sur lequel il a travaillé des heures. Marc Jouffroy est tombé dans le feu d’artifice quand il était petit. A 13 ans, il suit déjà son père, pyrotechnicien amateur, sur le champ d’opération et se grise de l’odeur de la poudre en jurant d’en faire son métier. Un BTS audiovisuel en poche, le jeune homme trouve « le poste rêvé » dans l’entreprise Sodip Pyrotechnie, basée à Cournon d’Auvergne, qui lui propose d’être concepteur de feux d’artifice.

On est loin du cliché de la tête brûlée qui court torche en main à travers le pré et allume fusées sur fusées au milieu des explosions. Pour Marc, un feu d’artifice se prépare dans un premier temps face à sa platine CD. Cet hiver, une commune lui a fait une commande sur le thème de Mozart. Il a donc patiemment réécouté l’intégrale, ou presque, du maître autrichien, avant de sélectionner les morceaux qu’il voulait traduire en langage des cimes.

« Je conçois mon feu en fonction de ce que m’inspire la musique » explique t-il. Il sourit en assurant qu’il travaille « au ressenti ». Les spectateurs ne se doutent pas que ce sont ses sentiments que Marc envoie en l’air sous leurs yeux émerveillés. Et pour les exprimer, il dispose d’une palette de plusieurs centaines de produits. Il adore ouvrir les catalogues et découvrir les nouveautés. Il sourit en pensant à « ces bombes espagnoles qui explosent en forme de cœur ou de papillons ».

S’il travaille sur près de 200 feux par ans, il prend soin de chacun, du plus petit au plus gros budget. En véritable passionné, Marc fait filmer ses mises en scène par son amie pour ensuite disséquer sa prestation. S’il s’avoue « rarement satisfait », il n’a pourtant jamais totalement raté un show. Sa déception est celle du professionnel, et il sait que le spectateur lui pardonnera sans même s’en rendre compte, la demi seconde de trop entre le départ de deux fusées.

Marc le confirme, le mois de juillet d’un pyrotechnicien est épuisant et crucial. En ce moment, entre implantations de feux, livraisons et conceptions, il ne dort que quelques heures par nuit.

Ce soir, il sera à Brive. Avec son équipe, il raconte avoir mis en place 150 rampes de 5 bombes chacune. Autant dire, une barrière de feu sur le thème rythmé de la « Gipsy féerie ». Celui qui s’ « éclate sur les gros feux » tient absolument à assister à celui-là, il sera donc dans le public. Et si cette fois, il lèvera les yeux au ciel comme tout le monde, il ne fera pas attention à la bande sonore et préféra un autre type de musique, celle des compliments et des exclamations émerveillées, son bouquet final à lui….

Maxime SOUVILLE

paru dans La Montagne du vendredi 14 juillet

Par Maxime Souville
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Samedi 19 août 2006

Des gaulois pas si barabres que ça

 

A deux pas de l’oppidum gaulois de Gondole, une vingtaine de passionnés remue la terre, pendant un mois, et multiplie les découvertes sur nos ancêtres.

10 heures, chacun sort de son trou et retrouve le monde moderne : un  préfabriqué et une tasse de café, pour une pause bien méritée. C’est donc à l’abri des gouttes que nous accueille l’archéologue Yann Deberge, membre de l’ARAFA, (Association de Recherche sur l’Age du Fer en Auvergne).

L’an dernier, à la même époque, les premières fouilles avaient été lancées sur cette zone, à quelques mètres de l’oppidum (ville gauloise) de Gondole, dont les restes du rempart, l’un des plus grand d’Europe, surplombent le chantier. A la fin du mois d’août, les archéologues avaient mis à jour une voie de circulation, des fondations, des puits et quelques indices qui laissaient penser que le site abritait un quartier artisanal gaulois.

Après 15 jours de fouille cette année, cette première intuition se révèle exacte, et le sous-sol n’a pas fini de livrer ses mystères. Les membres de l’équipe ont effectivement déterré de nombreux tessons de poterie, des amphores intactes, des fours de potiers, mais aussi, plus surprenant, un casque, une pointe de lance et l’extrémité d’une épée. Pour Yann Deberge, la découverte d’armement témoigne aussi de la présence d’une « population aristocratique » sur cette zone que l’on pensait jusqu’à présent exclusivement réservée aux artisans. Hypothèse confirmée par la découverte de bijoux, mais aussi d’amphores de vin, en provenance d’Italie, privilège de l’élite gauloise.

L’ archéologue pense que les deux classes sociales vivaient dans ce quartier, dans un rapport de domination :  « Ce secteur artisanal devait être contrôlé par une frange aisée de la population, probablement l’aristocratie guerrière ». Une explication scientifique et historique qui tord le cou au stéréotype du gaulois barbare vivant dans une société anarchique. Car le site de Gondole a été occupé de -80/-70 avant JC à -30/-20, à une période charnière, où la population, notamment les élites, étaient de plus en plus influencées par le mode de vie romain. Yann Deberge précise d’ailleurs, que si l’on se souvient de Vercingétorix, on oublie plus volontiers les gaulois qui ont choisit le camp de César, il sourit en imaginant que ce quartier pourrait être celui d’un de ces « traîtres ».

En passionné, Yann insiste sur le fait que « chaque fouille sur l’âge du fer est importante », même si l’on imagine que la rareté des vestiges découverts confère à ce chantier un intérêt particulier. Seul regret, l’impossibilité de fouiller à l’intérieur même de « la zone de l’oppidum, probablement encore plus intéressante ». Dans cette zone bâtie, les recherches sont en effet soumises au bon vouloir des propriétaires.

Les membres de l’équipe : archéologues, bénévoles, étudiants en archéologie de Clermont-Ferrand, Lyon, et même Moscou partagent l’enthousiasme de leur responsable, à l’image d’Hélène Blitt, jeune licenciée d’archéologie de l’université de Nantes. Accroupie entre des vestiges de four et des morceaux de céramique, elle explique venir sur le chantier pour la deuxième année consécutive, « afin de suivre l’évolution des fouilles », et se dit, bien évidemment, prête à « revenir l’année prochaine, et même plus s’il le faut ».

Pratique : Venez découvrir le résultat des fouilles du mois d’août grâce aux visites guidées organisées le 30 août, à partir de 14 heures, jusqu’à 17 heures.

Maxime Souville et Apolline Breuil

Par Maxime Souville
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Samedi 2 septembre 2006

J'ai testé pour vous, le kartingliss

Une conduite de fer dans un gant de velours

A peine arrivé sur le parking, les vrombissements qui s’échappent du hangar font frissonner le débutant. A travers une ouverture, sur un circuit dont les contours sinueux sont marqués par des murs de pneus, j’aperçois quelques karts foncer sous une lumière rougeâtre.

Une fois entré dans le bâtiment, retour au calme. Les pilotes sont toujours là, mais en mode silencieux, relégués derrière un mur de plexiglas. Ici, le futur pilote peut se détendre en attendant d’entrer dans l’arène. Un billard, des jeux, un écran géant et un bar sont là pour faire tomber la pression. La serveuse déconseille évidemment aux sportifs de consommer de l’alcool. Un jus de fruit, bu devant les vitres, permet de se familiariser avec les courbes du circuit, tout en peaufinant sa préparation physique.

Entretemps, Jean Pierre Baril, 59 ans, le directeur du circuit vient à ma table pour me donner quelques tuyaux. Crée en 1995, le kartingliss de Cournon était à l’époque le premier circuit de karting en intérieur. Mais ce n’est pas la seule originalité du circuit. “On a voulu faire de la glisse pour se démarquer”, explique Jean Pierre.

Ce parcours est effectivement réputé pour sa non-adhérence. La recette, “une dalle de ciment hyperlisse” et des “roues à gomme très dure”. Ajoutez à cela du talc dans les virages, et vous obtenez “une conduite proche du trophée Andros”. Un dernier conseil avant de me diriger vers le circuit et d’enfiler mon casque? “Il faut élargir les trajectoires, anticiper un maximum et mettre le véhicule en travers avant le virage”. Merci Jean Pierre!

Assis à ras du sol, les pieds bien calés sur le frein et l’accélérateur, j’attends que l’agent de piste donne le départ. Après un premier virage pied au plancher, le contact rugueux du murs de pneus me ramène à la réalité, et surtout à une conduite plus souple. Au fur et à mesure des tours, je commence à connaitre le circuit et à l’anticiper. Là, la ligne droite, suivie d’une chicane, puis, une autre portion pour acclérer qui mène à une belle courbe qui aboutit, elle, sur une épingle à cheveux, où Jean Pierre a du faire tomber la boîte de talc. Malgré un léger tête à queue, j’arrive à revenir sur un adversaire, que je dépasse à la régulière, ou presque. Dix minutes plus tard, absorbé par les courbes à négocier, j’aperçois à peine l’agent de piste qui signale la fin de la course.

Les mains moites, le visage rouge et un sourire sur le visage, je retourne de l’autre coté des vitres de plexiglass. Avec mes adversaires du jour, nous commentons nos performances autour d’une table. Avec 37” au dernier passage, j’ai réalisé le meilleur tour. Tout sourire, je regarde Jean Pierre venir vers nous, regarder les temps et expliquer que les meilleurs tournent...en 30 secondes.

Maxime Souville

paru dans La Montagne du lundi 21 août

Par Maxime Souville
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Lundi 16 octobre 2006

Le must du fitness réservé aux femmes

Un club de sport où l’odeur de l’effort ne vous prend pas au nez lorsque vous entrez mais qui, au contraire, embaume la vanille, ça existe. A Clermont-Ferrand depuis un an, Lady Fitness s’adresse exclusivement aux femmes en appliquant quelques recettes simples.

 

Lady fitness est un club fait pour les femmes par les femmes : parquet flottant, peintures pastel vert et rose, dorures, le tout dans une pièce inondée de lumière, rien n’est laissé au hasard. Et si ça n’était pas encore assez clair, un slogan barre la devanture : 100% réservé aux femmes.

Ce concept, vous en rêviez, les Américains l’ont fait et depuis peu, des Français l’ont importé. Le 23 août 2005, Serge Viguié ouvrait l’enseigne clermontoise de cette franchise internationale. Après un an d’exploitation, le bilan est positif. Pour le gérant, l’explication est simple : les fondateurs de Lady Fitness ont su écouter les déçues des clubs de sport traditionnels et proposer un produit qui prenait en compte ces critiques.

Première révolution : l’interdiction aux hommes et donc la fin des regards désobligeants sur celles qui essayent de perdre du poids. Mais ici, la hantise du complexe est poussée à l’extrême puisque les murs sont vides du moindre miroir, « pas de miroir, pas de concurrence ». Les coachs particuliers conseillent aussi d’oublier l’obsession de la balance pendant quelques temps et de juger les progrès sur la durée.

Ces conseillers sont l’autre atout de Lady Fitness. Les trois coachs couvent leurs clientes : bilan morphologique à leur arrivée, mise au points des objectifs et surtout, comme l’explique Lionel, « un rôle d’animateur ».

La formule semble séduire. Pour Karine, 29 ans, « Il y a les coachs et c’est pas l’usine ». Car Lady fitness mise aussi sur l’ambiance. Celle–ci se doit d’être familiale, le club est petit pour préserver l’intimité. Les coachs peuvent appeler « une cliente qui ne vient pas pendant deux semaines, pour prendre des nouvelles ». Tout donc, pour « fidéliser la cliente », et éviter un autre écueil des clubs de sport traditionnels : « le désintérêt et la lassitude ».

Dernier détail, inutile de ressembler à Véronique et Davina pour faire ses exercices, tout le monde vient habillé de façon à être à l’aise. Pour preuve, Henriette, 67 ans, qui vient « pour maigrir », porte un pantalon de jogging et une chemise ample.

Reste que sur la plaquette publicitaire, les filles ont toutes 20 ans, aucun kilo en trop et arborent le total look fitness. Un dernier détail « à changer », selon le patron, pour enfin totalement se démarquer.

Maxime Souville

Article à paraître dans le supplément Version Fémina

 

Par Maxime Souville
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Dimanche 5 novembre 2006
Un demandeur d'emploi qui ne se dégonfle pas

Jean-Philippe Calaf s'est livré à un mailing plutôt gonflé. Cet étudiant de 24 ans, spécialisé dans l'écologie des milieuyx aquatiques, termine son stage de fin d'études au bureau pour l'eau, l'environnement et la géologie et cherche donc du travail. Il a commencé à envoyer son CV par le biais d'internet à une dizaine d'employeurs potentiels, avant de changer de méthode. Muni d'une centaine de ballons et accompagnés de collègues gonfleurs, Jean Philippe s'est rendu, hier, sur le site de notre dame de Veyre-Monton et a envoyé par les cieux cent mini CV attachés à autant de ballons. réticent  à l'idée "d'envoyer du plastique en l'air", il a décidé de mettre ce projet à exécution en trouvant des ballons biodégradables. A l'origine, il voulait juste faire quelques chose d'original, mais désormais, il y croit. Et si le vent pousse loin les ballons, il n'exclut pas l'idée de bouger..."au gré du vent.*

Paru dans l'édition de la Montagne du 13 septembre 2006
Par Maxime Souville
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