Israël ne devrait pas bouder Ismaël
Le Hamas a gagné, les électeurs ont joué le jeu mais les Palestiniens ont perdu. Inutile de revenir sur le paradoxe qui a vu les pays occidentaux reconnaître du bout des lèvres le résultat d’une élection démocratique si souvent appelée de leurs vœux.
Passons aussi sur le plan bancal et dangereux révélé par le New York Times et qui consisterait à redonner le pouvoir au Fatah. En étouffant économiquement les territoires palestiniens, les Etats-Unis et Israël voudraient décrédibiliser le mouvement islamiste qui a orienté sa campagne sur l’amélioration des conditions de vie des palestiniens et organiser de nouvelles élections pour revenir à un Parlement fidèle à Mahmoud Abbas.
Au-delà de l’aspect critiquable moralement de cette stratégie, on est en droit de s’interroger quant au bon déroulement du scénario. La surenchère islamiste dans la région, la bataille pour le leadership de l’islam politique, et la volonté de changement qui règne dans les territoires risque d’avoir l’effet contraire. Lâchés par les grandes puissances et humiliés, les Palestiniens risquent de se tourner vers l’Iran (dont on connaît déjà la mainmise sur le Hezbollah) ou
On est pourtant en droit de croire que le Hamas est soluble dans la démocratie. Sa base obéit aux ordres des dirigeants, comme le montre le respect de la trêve. D'autre part, le mouvement de la résistance islamique semble avoir fait le choix du pragmatisme avec la nomination d’ Ismaël Haniyeh au poste de premier ministre.
Ce n’est donc pas de l’angélisme mais plutôt du réalisme politique que de souhaiter voir le quartet et Israël discuter avec le mouvement du cheikh Yassine. Et puisque l’on ne fait pas la paix avec ses amis mais avec ses ennemis, souvenons nous que le dialogue et qu’un minimum de confiance ont permis à l’OLP de devenir un partenaire pour Israël alors que l’organisation de Yasser Arafat avait été pendant longtemps une organisation terroriste.
Maxime Souville
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