Robert Ménard, secrétaire général de RSFComment est né le Mémorial des reporters ?
L’accouchement a été très long, mais je suis content et fier du résultat. Il est dans l’état et l’esprit que l’on voulait, c’est-à-dire en pelouse et en pierre, comparable aux grands cimetières américains et britanniques qui l’entourent. Car, au fond, les jeunes soldats qui sont morts loin de chez eux se battaient pour la liberté, pour la démocratie, comme souvent les journalistes.
N’est-ce pas un monument un peu corporatiste ?
Les journalistes peuvent parfois agacer, mais on connaît tellement d’histoires de journalistes qui payent le prix de leur volonté d’indépendance dans les quatre coins du monde. La pire des choses, pour leurs familles, serait d’oublier. Là, les noms sont gravés dans la pierre au sens propre. Il y a quelques journalistes qui nous ont dit que c’était de l’autopromotion, mais la véritable indécence, c’est l’oubli. Moi, ça me fait doucement rire quand on voit les mêmes faire des tartines sur leurs confrères célèbres.
Quel a été le rôle de RSF dans l’édification du projet ?
Notre boulot a été de lister les noms des journalistes disparus depuis 1944. Les pierres sont regroupées par année, par conflit, sans mention de la nationalité, pour insister sur la neutralité. Il fallait rendre hommage aux journalistes du monde entier. Je ne partage pas toujours leurs idées, mais ils ne doivent pas mourir pour avoir exercé ce métier. Le fait de parler de RSF nous donne aussi du poids, car quand un chef d’Etat nous reçoit, la seule arme que l’on ait est notre pouvoir médiatique.
Maxime Souville et Julien Martin
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2 juin 2005. Samir Kassir, au volant de sa voiture dans les rues de Beyrouth, fait route vers sa rédaction quand une bombe placée sous son siège explose. Le Liban perd un de ses journalistes les plus doués et les plus courageux, infatigable pourfendeur de la tutelle syrienne sur le pays du Cèdre. « Soyons clair, il a été assassiné par les services de renseignements syriens », accuse Alain Mingam, grand reporter français. Le nom de Samir Kassir s’affiche désormais au Mémorial des reporters.
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