Dimanche 5 novembre 2006

Robert Ménard, secrétaire général de RSF

Comment est né le Mémorial des reporters ?

L’accouchement a été très long, mais je suis content et fier du résultat. Il est dans l’état et l’esprit que l’on voulait, c’est-à-dire en pelouse et en pierre, comparable aux grands cimetières américains et britanniques qui l’entourent. Car, au fond, les jeunes soldats qui sont morts loin de chez eux se battaient pour la liberté, pour la démocratie, comme souvent les journalistes.

 

N’est-ce pas un monument un peu corporatiste ?

Les journalistes peuvent parfois agacer, mais on connaît tellement d’histoires de journalistes qui payent le prix de leur volonté d’indépendance dans les quatre coins du monde. La pire des choses, pour leurs familles, serait d’oublier. Là, les noms sont gravés dans la pierre au sens propre. Il y a quelques journalistes qui nous ont dit que c’était de l’autopromotion, mais la véritable indécence, c’est l’oubli. Moi, ça me fait doucement rire quand on voit les mêmes faire des tartines sur leurs confrères célèbres.

 

Quel a été le rôle de RSF dans l’édification du projet ?

Notre boulot a été de lister les noms des journalistes disparus depuis 1944. Les pierres sont regroupées par année, par conflit, sans mention de la nationalité, pour insister sur la neutralité. Il fallait rendre hommage aux journalistes du monde entier. Je ne partage pas toujours leurs idées, mais ils ne doivent pas mourir pour avoir exercé ce métier. Le fait de parler de RSF nous donne aussi du poids, car quand un chef d’Etat nous reçoit, la seule arme que l’on ait est notre pouvoir médiatique.

Maxime Souville et Julien Martin

par Maxime Souville publié dans : Prix Bayeux des correspondants de guerre
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Dimanche 5 novembre 2006
Un demandeur d'emploi qui ne se dégonfle pas

Jean-Philippe Calaf s'est livré à un mailing plutôt gonflé. Cet étudiant de 24 ans, spécialisé dans l'écologie des milieuyx aquatiques, termine son stage de fin d'études au bureau pour l'eau, l'environnement et la géologie et cherche donc du travail. Il a commencé à envoyer son CV par le biais d'internet à une dizaine d'employeurs potentiels, avant de changer de méthode. Muni d'une centaine de ballons et accompagnés de collègues gonfleurs, Jean Philippe s'est rendu, hier, sur le site de notre dame de Veyre-Monton et a envoyé par les cieux cent mini CV attachés à autant de ballons. réticent  à l'idée "d'envoyer du plastique en l'air", il a décidé de mettre ce projet à exécution en trouvant des ballons biodégradables. A l'origine, il voulait juste faire quelques chose d'original, mais désormais, il y croit. Et si le vent pousse loin les ballons, il n'exclut pas l'idée de bouger..."au gré du vent.*

Paru dans l'édition de la Montagne du 13 septembre 2006
par Maxime Souville publié dans : Archives La Montagne
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Lundi 16 octobre 2006

Jean-Léonce Dupont, sénateur du Calvados

Pourquoi un Mémorial des reporters à Bayeux ?

Avec RSF, on a développé l’idée d’un Mémorial, en plus du Prix, dans cette ville qui a été la première libérée en France. La charge historique sur le thème de la liberté et de la démocratie y est très forte. Et la liberté de l’information est l’une des bases de la démocratie. Avec ce Mémorial, il y a plus qu’une manifestation annuelle, il y a un lieu où l’on rend en permanence hommage aux journalistes décédés pour la démocratie.

 

Comment mène-t-on politiquement un tel projet ?

On est parti sur l’idée de Mémorial dès la première édition du Prix en 1994. La pose d’une première pierre a d’ailleurs eu lieu cette année-là. Il a fallu ensuite attendre que le Prix prenne de l’importance pour concrétiser ce Mémorial qui n’existe nulle part ailleurs en Europe et dont on trouve seulement un équivalent dans la ville américaine d’Harlington. Il y a aussi un coût : on a trouvé 80 % des ressources avec le contrat de Pays (qui associe l’Etat, la région et le département) signé il y a un an.

 

Quelle a été la réaction des Bayeusains à la construction des stèles ?

Derrière le Prix, il y a une très grande sensibilisation de la population à la liberté de l’information. On le voit par la participation croissante du grand public. La Normandie est une terre de mémoire. Le bénéfice est autant pour la ville que pour la profession. L’image et l’histoire de Bayeux crédibilisent le Mémorial à cet endroit. Mais il est clair que ce projet permet à l’aspect historique de la ville de devenir actuel.

Maxime Souville et Julien Martin

par Maxime Souville publié dans : Prix Bayeux des correspondants de guerre
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Lundi 16 octobre 2006

Le souvenir de Samir Kassir

2 juin 2005. Samir Kassir, au volant de sa voiture dans les rues de Beyrouth, fait route vers sa rédaction quand une bombe placée sous son siège explose. Le Liban perd un de ses journalistes les plus doués et les plus courageux, infatigable pourfendeur de la tutelle syrienne sur le pays du Cèdre. « Soyons clair, il a été assassiné par les services de renseignements syriens », accuse Alain Mingam, grand reporter français. Le nom de Samir Kassir s’affiche désormais au Mémorial des reporters.
« Tout ce qui est à la mémoire des journalistes martyrs est très important,
s’émeut Gisèle Khouri, sa veuve. C’est un hommage, mais les journalistes, ces citoyens du monde, continueront à exercer un métier dangereux. »

Maxime Souville et Julien Martin

par Maxime Souville publié dans : Prix Bayeux des correspondants de guerre
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Lundi 16 octobre 2006

Le must du fitness réservé aux femmes

Un club de sport où l’odeur de l’effort ne vous prend pas au nez lorsque vous entrez mais qui, au contraire, embaume la vanille, ça existe. A Clermont-Ferrand depuis un an, Lady Fitness s’adresse exclusivement aux femmes en appliquant quelques recettes simples.

 

Lady fitness est un club fait pour les femmes par les femmes : parquet flottant, peintures pastel vert et rose, dorures, le tout dans une pièce inondée de lumière, rien n’est laissé au hasard. Et si ça n’était pas encore assez clair, un slogan barre la devanture : 100% réservé aux femmes.

Ce concept, vous en rêviez, les Américains l’ont fait et depuis peu, des Français l’ont importé. Le 23 août 2005, Serge Viguié ouvrait l’enseigne clermontoise de cette franchise internationale. Après un an d’exploitation, le bilan est positif. Pour le gérant, l’explication est simple : les fondateurs de Lady Fitness ont su écouter les déçues des clubs de sport traditionnels et proposer un produit qui prenait en compte ces critiques.

Première révolution : l’interdiction aux hommes et donc la fin des regards désobligeants sur celles qui essayent de perdre du poids. Mais ici, la hantise du complexe est poussée à l’extrême puisque les murs sont vides du moindre miroir, « pas de miroir, pas de concurrence ». Les coachs particuliers conseillent aussi d’oublier l’obsession de la balance pendant quelques temps et de juger les progrès sur la durée.

Ces conseillers sont l’autre atout de Lady Fitness. Les trois coachs couvent leurs clientes : bilan morphologique à leur arrivée, mise au points des objectifs et surtout, comme l’explique Lionel, « un rôle d’animateur ».

La formule semble séduire. Pour Karine, 29 ans, « Il y a les coachs et c’est pas l’usine ». Car Lady fitness mise aussi sur l’ambiance. Celle–ci se doit d’être familiale, le club est petit pour préserver l’intimité. Les coachs peuvent appeler « une cliente qui ne vient pas pendant deux semaines, pour prendre des nouvelles ». Tout donc, pour « fidéliser la cliente », et éviter un autre écueil des clubs de sport traditionnels : « le désintérêt et la lassitude ».

Dernier détail, inutile de ressembler à Véronique et Davina pour faire ses exercices, tout le monde vient habillé de façon à être à l’aise. Pour preuve, Henriette, 67 ans, qui vient « pour maigrir », porte un pantalon de jogging et une chemise ample.

Reste que sur la plaquette publicitaire, les filles ont toutes 20 ans, aucun kilo en trop et arborent le total look fitness. Un dernier détail « à changer », selon le patron, pour enfin totalement se démarquer.

Maxime Souville

Article à paraître dans le supplément Version Fémina

 

par Maxime Souville publié dans : Archives La Montagne
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